École de musique, pôle d'enseignement artistique, voilà deux dossiers qui sont ouverts entre majorité et opposition au
conseil municipal. Et pas près d'être refermés.
La culture c'est bien mais ça coûte cher ! C'est une phrase lapidaire qui résume le contenu du débat qui existe
aujourd'hui entre majorité et opposition au conseil municipal, débat finalement fructueux car il se nourrit plus d'interrogations que de querelles et même sur certains points de convergences. Le
nœud du débat, c'est le pôle d'enseignement artistique et l'école de musique. Cette dernière, voulue et revendiquée par la ville n'est pas subie. Mais son coût croît en même temps que son succès.
La fréquentation dépasse largement les murs de la commune. « Le déficit se creuse, Pamiers seul ne peut plus financer cette infrastructure, il faut avoir le concours de la communauté de communes
et du reste du département ! » estime Michel Teychenné. Car l'école de musique est aujourd'hui à vocation départementale, vocation confirmée par la qualité de son enseignement et les résultats
obtenus, alors que de nombreux élèves ont pu en partant de ce « terroir » s'engager dans de prestigieuses études supérieures musicales. Mais cette maison affiche un coût de fonctionnement par
élève pour la collectivité de 1700 euros à l'année. Une question sur laquelle le maire André Trigano est lucide : « Que voulez vous on voulu mettre la musique à la disposition de tous, bien
entendu qu'il n'est pas normal que ceux qui ne sont pas de Pamiers payent guère plus que les autres. Nous devrions en fait avoir un statut d'école départementale de musique ! Est-ce notre
vocation ? Tout est là. De toute façon plus on accueille, plus on a de monde. Je suis d'accord (avec M.Tetchenné) il faudra revoir cela ! »
« NE PAS SE LANCER DANS CETTE AFFAIRE »
Cette question de l'école de musique, pose celle plus large du pôle d'enseignement artistique. Là, la fracture est réelle entre opposition et majorité, puisque la gauche et les
verts ont voté contre ce projet en conseil. Ce pôle se propose de regrouper les quatre spécialités artistiques que sont la musique, la musique, la danse, le théâtre et les arts plastiques. Cette
ambition a un coût d'investissement : 1,7 million d'euros. Dont 1,1 m€ en autofinancement. Ce n'est pas neutre. Michel Teychenné estime que si l'on doit aujourd'hui « faire un choix sur l'école
de musique, ce n'est pas le moment de se lancer dans cette affaire (de pôle). Ce dossier devient la folie des grandeurs ! » La majorité autour du maire, tient de toute évidence à ce projet, qui
se veut fédérateur puisqu'il prend en compte en même temps sur le destin de la MJC, l'activité d'associations locales à vocation culturelle, etc. La gauche, tout en plaidant pour sa paroisse «
traditionnelle » c'est-à-dire la culture avec soutien et rénovation de la MJC, poursuite de l'aide aux associations estime que les temps sont aujourd'hui trop durs financièrement pour aller plus
loin, avec ce « pôle d'enseignement artistique ». Bref, c'est le dossier dont on n'a pas fini de parler entre conseillers, une douce musique diurne, orchestrée d'accord mineur, en désaccord
majeur ». Attendons la prochaine aubade des élus…
COMMENTAIRE DE MICHEL TEYCHENNE : DES CANARDS DANS LE DOSSIER DE L'ECOLE DU
MUSIQUE ET DU POLE CULTUREL
Malheureusement, malgré les déclarations très optimistes et légèrement démagogiques de M. Ribaute, aujourd'hui aucun élément ne démontre un recrutement plus démocratique pour
l'École de musique, une ouverture plus large de l'accès à la musique. L'École de musique de Pamiers, c'est environ 600 000 euros par an de subventions municipales pour 350 élèves, dont la moitié
Appaméens, alors que la MJC, avec plus de 600 adhérents, ne reçoit que... 75 000 euros par an et que ses locaux sont dangereux, vétustes et inadaptés. La culture est un enjeu politique majeur.
Elle doit être une priorité de la Ville de Pamiers. Elle ne peut être réservée à une catégorie de la population, à une "élite culturelle" autoproclamée. La force du mouvement culturel à Pamiers,
ce sont les associations, nombreuses et dynamiques. C'est avec elles que l'on pourra développer une animation culturelle de qualité, et non en concentrant les crédits dans une structure coûteuse
et inadaptée. D'ailleurs, la plupart des associations ont été tenues à l'écart du projet de Pôle culturel, ce qui démontre déjà la mauvaise pente prise par ce projet. Aucune des subventions
demandées n’est confirmée. À ce jour, seul l'État, pour une somme presque symbolique, a donné son accord.
Michel Teychenné
Président du Groupe de gauche, Mairie de Pamiers













