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A R C H I V E S

18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 13:58

Quelques réflexions sur
la guerre en Ukraine,
Poutine et l'OTAN... entre autres


 



Entre antiaméricanisme primaire de certains amis de gauche et les poutinophiles de l'extrême droite, entre les experts autoproclamés en kremlinologie et les « Madame Soleil» des deux sexes qui prédisent un coup d'État en Russie sur les plateaux des chaînes info, il est difficile aujourd'hui de se faire une opinion sur les raisons profondes du déclenchement de la guerre en Ukraine, qui a saisi de stupeur et d'effroi l'ensemble de l'Europe.

Pour connaître assez bien les pays de l'Est par mon activité professionnelle et mon mandat de député européen, et par goût pour l'Histoire et la géopolitique, il me semble que beaucoup de commentateurs de plateaux font trois principales erreurs d'analyse :

Premièrement, la vraie nature du pouvoir russe. Depuis le début de la crise, les commentateurs empilent les références à l'URSS, établissent une équivalence entre le Pacte de Varsovie et l'OTAN, ainsi qu'une sorte de filiation entre Poutine, ancien du KGB, et la Russie actuelle, qui aurait un logiciel proche de celui de l'URSS. Bref, ils assimilent le conflit ukrainien à une sorte de « remake» de la crise de Cuba . Je m'inscris en faux sur cette comparaison. La Russie de Poutine est beaucoup plus proche de l'Empire russe que de l'URSS, d'abord par la structure du pouvoir. Poutine est un autocrate, certains diront à juste titre un dictateur. En URSS, le pouvoir était malgré tout collectif – sauf sous la période stalinienne. Le Politburo assurait un espace de décision collective, et était capable de liquider un dirigeant défaillant. Khrouchtchev a payé la crise de Cuba par son limogeage. Ce type de fonctionnement n'existe plus aujourd'hui en Russie. 

Deuxièmement, l'actuel pouvoir russe s'appuie massivement sur l'Église orthodoxe russe, comme à l'époque des tsars. Cette église très nationaliste est profondément réactionnaire. C’est un outil de propagande et d'encadrement de la population .Le patriarche Kirill évoquait fin février un «combat des Russes contre les forces du mal qui combattent l’unité historique entre la Russie et l’Ukraine ». Pour lui, l’Ukraine fait partie de ce qu’il appelle la terre russe. Il prend parti régulièrement pour défendre les intérêts de son Église orthodoxe. Et pour cela, il est un rouage central du régime de Vladimir Poutine. En 2012, Kirill qualifiait l’élection de Poutine de « miracle divin». 

Dans ses homélies, Kirill parle autant de foi que de politique, avec un sens de la nuance très sûr qui lui a récemment fait dire que «le mariage homosexuel est un signe que l’Apocalypse approche ». Ce qui n'empêche pas ce saint homme d'avoir un chalet en Suisse et une fortune considérable, si des fois l'Apocalypse tardait à venir...


L'économie russe est aux mains des oligarques, qui sont par contre exclus de la sphère politique. Ce modèle est très proche du capitalisme sauvage d'avant la Première Guerre mondiale, qui assurait une croissance importante à la Russie tsariste, mais avec d'énormes disparités sociales, avec l'apparition d'une petite classe moyenne tout comme sous Poutine depuis 20 ans.

Ce n'est pas pour rien que l'extrême droite européenne a vu depuis des années en Poutine un modèle, d'Orban à Le Pen, de Salvini à Zemmour. Et ce n'est pas pour rien non plus que la Russie aide financièrement et politiquement ces mouvances d'extrême droite à déstabiliser l'Europe démocratique, et « décadente » selon les critères poutiniens, afin de promouvoir sa vision réactionnaire, nationaliste et religieusement « chrétienne » de la société européenne en soutenant ce réseau de partis ou groupuscules d'extrême droite qui avaient « table ouverte » sur les médias russes comme Russia Today alias RT, ou Spoutnik. 

Si le FSB est le digne descendant du KGB, les méthodes actuelles de censure et de contrôle policier de la société russe ne sont pas comparables aux goulags du communisme, aux exécutions de masse du stalinisme, à l'impossibilité de circulation imposée ou maintenue par les Brejnev et consorts. Elles s'apparentent beaucoup plus aux méthodes de la célèbre et terrible Okhrana créée par Alexandre III. Ce qui reste de l'URSS chez Poutine, c'est la propagande, et le contrôle étroit des moyens de communication. Même si la Russie a une longue tradition en matière de désinformation, il ne faut pas oublier que ce sont les agents d'Okhrana qui ont fabriqué et diffusé les trop fameux « protocoles de sages de Sion » de sinistre mémoire, qui alimentent encore l'antisémitisme international.

Les Russes n'ont jamais connu la démocratie parlementaire, sauf un bref moment sous Eltsine. Ils en ont gardé le souvenir d'un « énorme bordel » doublé d'une crise économique sans précédent due à l'effondrement du système communiste. Leur vision des démocraties occidentales est faussée par cette période désastreuse de leur histoire récente.

Poutine instrumentalise et la « grandeur de l'URSS », et la grande Histoire de la Russie tsariste, pour son dessein nationaliste, ultra réactionnaire et capitaliste débridé. Il est politiquement plus proche de Pinochet ou de Franco que de Che Guevara ou de Brejnev. Il a une vision impérialiste de l'État russe et se situe dans la longue tradition d'expansion de la Russie au cours des âges. Ne pas le voir est une erreur majeure d'analyse géopolitique.

Troisième erreur : le crédit accordé à la thèse de la Russie « menacée par l'Occident, l'Europe et les Américains ». Thèse superbement illustrée par l'académicien Andreï Makine et publiée dans Le Figaro il y a quelques jours. Cet interview titré « Cracher sur la Russie n'aidera pas les Ukrainiens » est de la propagande poutinienne fort bien formulée – par un académicien français, quand même! 

Mais on peut s'interroger quand Makine écrit par exemple ceci : « En 1992, après la chute du mur de Berlin, nous nous trouvions à une bifurcation. Nous nous sommes trompés de chemin. Je pensais alors véritablement qu'il n'y aurait plus de blocs, que l'OTAN allait être dissoute, car l'Amérique n'avait plus d'ennemi, que nous allions former un grand continent pacifique. » C'est là vite oublier les 6 500 ogives nucléaires russes toujours pointées sur l'Europe... C'en est presque comique, totalement décalé de la réalité du pouvoir russe de l'époque... Dès Eltsine, le monde a été témoin dès 1994 du merveilleux pacifisme russe en Tchétchénie, puis sous Poutine lors de la seconde guerre encore plus terrible en 2000, avec des milliers de civils russes et tchétchènes écrasés sous les bombes... C'est oublier la sécession de la Transnistrie dès 1991 organisée par le FSB, puis sa militarisation avec la 14e armée russe sous Poutine. La Tranistrie,en Moldavie à la frontière de l'Union européenne, était un avant-goût de la guerre de Géorgie et du Donbass, avec toujours les mêmes méthodes « pacifiques » : soutien à de soi-disant russophones sécessionnistes, puis intervention armée des Russes et occupation militaire de ces territoires en violation de tous les traités internationaux. 

Cet argument de l'OTAN « aux portes de la Russie » n'est pas crédible. Ceux qui le défendent en France devraient aller l'expliquer aux Baltes, aux Polonais, aux Hongrois et aux Roumains, qui ont payé très cher les diverses occupations russes tout au long de leur histoire, et pour qui la priorité dès leur fragile indépendance acquise a été de se protéger de l'ours russe. Leur choix démocratiquement exprimé a été de rejoindre l'Union européenne comme modèle de société et de se mettre sous la protection de l'OTAN puisque, depuis 1947, l'Europe a sous-traité sa défense à l'OTAN. Même de Gaulle est resté dans l'Alliance atlantique, n'en déplaise à ceux qui aujourd'hui falsifient l'Histoire en prétendant le contraire. Curieuse conception de la liberté des peuples que de vouloir leur imposer les desiderata de leur voisin qui les a pillés, massacrés et privés de liberté pendant des décennies.

Par contre, l'Union européenne et l'OTAN n'ont jamais remis en cause l'enclave de Kaliningrad de 200 kilomètres carrés, base atomique, aérienne, navale et sous-marine située à un jet de pierre de Varsovie et Berlin, enclavée entre la Pologne et les Pays Baltes, et curieusement très peu citée par nos soi-disant experts dans le débat actuel. Alors que c'est une garantie centrale donnée aux Russes pour leur sécurité depuis 1945. Comme s'il était normal que cette enclave en pleine Union européenne aille de soi.

Enfin, ce cher académicien oublie que Poutine est « un grand démocrate avec une opposition en prison ou en exil ». Il oublie visiblement que c'est Poutine qui a occupé la Crimée et armé les républiques fantoches du Donbass avec l'aide des petits hommes verts de Wagner et du FSB. C'est Poutine qui a remis en selle ce vieux débris de l'ère soviétique qu'est le dictateur biélorusse confronté à la révolte de son peuple après les élections truquées il y a quelques mois, en occupant au passage militairement la Biélorussie et en la renucléarisant. Mis sous tutelle par Poutine, Alexandre Loukachenko a été contraint d'accepter que l'offensive russe sur Kiev parte de son territoire, ce qui n'est pas rien.

Cela sans oublier l'opération « spéciale » menée il y a deux mois contre le peuple du Kazakhstan pour sauver le dictateur local, opération militaire passée largement inaperçue de la majorité des observateurs... mais qui a permis à Poutine d'envoyer des troupes qui sont toujours sur place.

La pauvre Russie agressée par les méchants de l'OTAN est donc une vaste blague russe, reprise en choeur par les idiots utiles du néo-fascisme russe. Cela ne dédouane pas les Américains pour autant. Pendant la Guerre froide, ils considéraient l'Amérique Latine comme leur chasse gardée et ont soutenu des dictatures infâmes, Mais depuis la chute du Pacte de Varsovie, hors l'action conjointe de l'OTAN pour achever la guerre de Bosnie et arrêter le délire assassin de Milošević et consorts, les Américains « gendarmes du monde » ont échoué lamentablement en Somalie, en Irak, en Afghanistan, évacué leurs troupes assez piteusement sans ce soucier de leurs alliés européens.

D'abord Obama, puis Trump et aujourd'hui Biden, tous dans des formes différentes, ont été dans une stratégie de désengagement en Europe pour se focaliser sur leur nouvel ennemi la Chine, et sur le théâtre du Pacifique. Nous devons en tant qu'Européens constater ce mouvement stratégique qui maintenant est de longue durée et que Poutine a considéré comme une faiblesse de l'Occident. N'oublions pas aussi que le peuple américain est avant tout isolationniste, persuadé d'être le centre du monde. Le modèle de démocratie « America First » est unanimement partagé. 

L'impérialisme américain est avant tout un impérialisme économique. Si les États-Unis s'opposent aujourd'hui à la Chine, c'est pour s'assurer le leadership mondial, et non pas pour Taïwan qui n'est qu'un pion sur le grand échiquier capitaliste du monde, qu'il soit chinois ou américain. Les Européens n'ont aucun intérêt à contribuer à cette vision binaire du monde et à s'aligner sur les États-Unis.

Poutine n'est ni fou ni paranoïaque, juste mégalomane, égoïste et cruel...

Le problème de Poutine n'est pas l'adhésion de l'OTAN de l'Ukraine, qui n'est qu'un alibi ! C'est surtout de ne pas laisser se développer une démocratie à l'européenne à sa frontière. Une démocratie qui serait de fait un contre-modèle de son système dictato-mafieux. L'accord entre l'UE et l'Ukraine lui fait plus peur que l'OTAN. En revanche, si on prend en compte la sémantique guerrière de Poutine – le « risque d'agression de l'Amérique et des Occidentaux impérialistes, et les néonazis drogués d'Ukraine », on voit bien avec quel logiciel Poutine essaie de vendre sa guerre d'Ukraine au peuple russe, malheureusement gavé de propagande ultranationaliste et souvent anti-ukrainienne depuis des années.

Curieusement, en France, certains instrumentalisent le bataillon Azov (environ 3000 hommes, authentiques extrémistes de droite voire néo-nazis) pour justifier l'action de Poutine en Ukraine. On retrouve parmi ces gens des antivax, des complotistes de tous poils, une bonne partie des réseaux d'extrême droite, et quelques amis de gauche chez qui l'anti-américanisme primaire est pavlovien au point de ne voir le monde qu'avec les oeillères d'avant la chute du mur de Berlin ! Sans parler des poutinophiles appointés et des trolls de Moscou qui fleurissent sur les réseaux sociaux.

Voir des nazis partout en Ukraine est une imbécillité insondable à l'heure où, en France, l'extrême droite fait 35%. Alors que l'extrême droite ukrainienne (proche de la brigade Azov) a fait moins 2% aux dernières présidentielles et législatives ukrainiennes. Faut-il aussi rappeler que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est juif, et que seul son père a survécu à la Shoah. Ses trois oncles paternels ont été victimes des nazis.

Bien sûr que depuis 2014, la guerre tue, qu'elle a fait des ravages au Donbass, des deux côtés. Il n'y a pas de guerre propre. Mais ne pas croire que les 10 000 Tchétchènes envoyés par Kadyrov sont autre chose que des fascistes dignes de la « division Handschar » sous le IIIe Reich, c'est ne pas vouloir voir le pouvoir russe et ses méthodes tels qu'ils sont, méthodes déjà appliquées en Syrie avec une brutalité et une sauvagerie immense : Alep rasée avec sa population en est un exemple terrible pour soutenir le terrible Bachar El Assad, l'allié fidèle du maître du Kremlin. 

La réalité en Ukraine est plus simple. Les Ukrainiens préfèrent le modèle européen à la société russe de Poutine, ils l'ont montré clairement avec la révolution de 2014, à laquelle le bataillon Azov a pris part mais de manière marginale, parmi la masse immense des manifestants pro-européens. Cette révolution a entraîné la chute de Viktor Ianoukovytch, président pro-russe de l'Ukraine, qui à la demande de Moscou avait refusé de valider la demande d'adhésion de son pays à l'UE. Ce qui provoqua la révolution de Maïdan.   

Autre argument des pro-Poutine qui ne tient pas : jamais le stupide décret consistant à interdire l'usage officiel du russe et du roumain dans 13 oblasts du sud-est de l'Ukraine n'a été appliqué, puisque le président Petro Porochenko élu en mai 2014 ne l'avait pas signé et avait refusé de l'appliquer. Par contre, Porochenko n'a pas su gérer le début de la crise du Donbass et a commis des maladresses tout de suite exploitées par Poutine. Mais le déclenchement de la guerre du Donbass reste l'entière responsabilité des Russes, comme en Géorgie ou en Moldavie selon les mêmes méthodes.

Pour finir, les accords de Minsk 1 puis 2 sont inapplicables, car trop flous et complexes. Faire de la Russie un « garant » alors qu'elle était un acteur principal de la sécession est diplomatiquement irresponsable. Imposés aux Ukrainiens par les Russes avec le soutien actif de Merkel et la bénédiction de Hollande, les accords de Minsk ont figé le problème du Donbass en une guerre de basse intensité, ce qui a permis aux Allemands de finaliser North Stream 2 avec les Russes... contre l'avis des Américains qui avaient eux aussi du gaz à vendre! La belle auréole de la « sanctifiée » Angela Merkel, icône de la droite européenne et française, qui a donné aux Russes la clé de l'alimentation énergétique de l'Europe du Nord, sort quelque peu altérée et gondolée de cet épisode. Plus qu'une erreur, ce fut une véritable faute que l'Europe va payer très cher. 

Poutine a presque 70 ans, Il n'a rien à faire de l'opinion mondiale, il veut simplement rester dans l'Histoire de la « sainte Russie » comme celui qui aura rendu à celle-ci la Crimée, la « petite Russie » (l'Ukraine), ainsi que la Biélorussie qu'il vient d'annexer en douceur en rétablissant et vassalisant le vieux débris soviétique Alexandre Loukachenko.

Poutine veut s'inscrire dans la lignée de Pierre le Grand, de la Grande Catherine, et d'Alexandre III. Il pense sculpter sa statue pour le récit national russe. Poutine n'est ni fou ni paranoïaque, juste mégalomane, égoïste et cruel... Il ne lui restera plus, une fois la guerre gagnée, qu'à faire voter par des doumas serviles la demande de rattachement à la Fédération de Russie. Poutine sculpte sa statue dans l'Histoire russe à coup de chars, de mensonges, et de missiles. Ce ne sont pas quelques milliers de morts qui l'arrêteront. Il a commencé sa carrière par la guerre de Tchétchénie en rasant Grozny et en faisant 200 000 morts. Il la termine avec cette guerre d'Ukraine.

Cela fait environ 10 ans que Poutine préparait la Russie, économiquement et militairement, à ce grand dessein expansionniste, et nous n'avons rien voulu voir. Poutine avait tout prévu sauf que, depuis 30 ans d'indépendance, malgré les difficultés économiques, la corruption et le manque de moyens, la démocratie ukrainienne a vécu et perduré, s'est installée. Les Ukrainiens ont pris goût à leur liberté. En 20 ans, par quatre fois l'alternance politique a pu se faire dans cette toute jeune république, et les Ukrainiens ont pris conscience de leur nation et de son Histoire, si souvent martyrisée par les pouvoirs russes tsariste, puis soviétique.

Les familles ukrainiennes, souvent liées à celles de son grand voisin russe, ont pu comparer les deux modèles de société. Voilà ce que Poutine n'a pas su ou voulu voir. Voilà ce qui motive la magnifique résistance du peuple ukrainien. Comme en 1792 en France où, alors que la Patrie était en danger, le peuple en armes s'est porté aux frontières pour défendre la République et vaincre l'armée des rois, les Ukrainiens d'aujourd'hui défendent ce qu'ils ont de plus cher : leur terre et leur liberté.

Ne refaisons pas l'erreur de 1936 pendant le Front populaire, quand nous avons abandonné la République espagnole face aux fascistes sécessionnistes. Il faut soutenir la résistance ukrainienne et ne rien céder face à Poutine, qui doit perdre cette guerre ou tout au moins ne pas la gagner. Car il s'agit d'une guerre non pas de civilisation, mais pour la civilisation. Y compris pour la liberté du peuple russe, même si une bonne part de celui-ci ne le comprend pas encore, assommé qu'il est par la propagande des grands médias aux mains de Poutine et de ses amis. 

Gardons-nous enfin de la russophobie ambiante, il ne faut pas confondre le grand peuple russe, son immense culture, sa musique, sa littérature, sa grande Histoire, avec la clique de Poutine, d'oligarques et de profiteurs du système qui prospèrent sur le pillage des ressources russes, sur l'asservissement politique, social et économique de son peuple. Est-il utile de rappeler ici que 50 % des Russes vivent sous le seuil de pauvreté dans la Russie de Vladimir Poutine?

Michel Teychenné
18 mars 2022

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 13:59

 

 

Après s'être retiré de la politique en raison de problèmes de santé, Michel Teychenné coule une retraite heureuse dans sa propriété de Pailhès où il a tout le loisir de restaurer ses nombreuses calèches.
Et de lire La Dépêche du Midi.


 

 

Depuis sa colline, Ségolène toise le visiteur qui se serait égaré. "Elle est née l'année où la vraie s'est présentée", sourit Michel Teychenné en regardant l'un de ses chevaux préférés.  Certes, il a quitté le PS.  Mais 30 ans d'engagement au nom du parti de la rose, cela ne s'oublie pas comme ça.  Retiré des affaires politiques, l'ancien élu de l'opposition au conseil municipal coule des jours paisibles dans son immense propriété située à Pailhès.   Il faut dire que ses deux passions sont quelque peu envahissantes : l'équitation, et sa collection de 40 calèches. "Ça a commencé lorsque ma grand-mère m'a donné le carretou qu'elle utilisait afin d'aller de Joucla à Pamiers pour porter la gamelle de mon grand-père qui travaillait à l'usine. J'avais 14 ans."  Et le jeune cavalier s'est pris au jeu.

" On y est dans le mur! "

Cinquante ans plus tard, Michel Teychenné est le propriétaire de 40 calèches, breaks de chasse, voitures pour dames ou gouvernantes, fiacres et autres cabriolets du XIXe siècle.  Il y a en a qui servaient à se rendre sur les plantations, d'autres qui se transformaient en tribunes royales.  Parisiens, toulousains, américains ou allemands, ces engins passaient tous entre les mains de Michel Teychenné et de ses restaurateurs privilégiés pour retrouver une seconde vie.  Mais il détient aussi une charrette anglaise du charron local Trezier ou la calèche du banquier de Lavelanet.  "En Ariège on trouvait peu, car c'était l'apanage des riches," glisse-t-il en ouvrant un de ses hangars.  Le paradis du harnais avec un voyage dans le temps à la clé. "On voulait ouvrir pour les Journées du patrimoine, mais vu le contexte sanitaire...  Peut-être cette année? "  Gageons-le. Car Michel Teychenné a bien conscience qu'il fait partie des profils à risques.  Satanée santé. La même qui l'a éloigné de la politique après une carrière bien remplie.  

Avec une famille à cheval entre Saint-Jean-du-Falga et Foix, le petit Michel a débuté ses études au lycée agricole de Pamiers. Cap sur le tourisme. 1986 : il rencontre le ministre Jospin.  Assistant puis conseiller à son cabinet, il quitte les lieux comme son mentor en 1991. L'Ariégeois  traverse l'Atlantique pour diriger la communication de l'Agence universitaire francophone au Canada.  C'est là-bas qu'il rencontre Antoine, l'amour de sa vie.  Puis retour ensemble en France.

Au sein de ce qui deviendra l'Institut supérieur du tourisme, de l'hôtellerie et de l'alimentation (ISTHIA) de la faculté Jean-Jaurès, à Toulouse, il collabore avec la rectrice Nicole Belloubet.  Avec son complice Vincent Peillon, pour qui il rédigera un rapport sur l'homophobie, il fonde le "Nouveau Parti Socialiste".  Est-ce que celui qui fut aussi premier secrétaire du PS en Ariège avait déjà en tête de faire défection?  Pas sûr.  Alors qu'il est élu député européen en 2008, Michel Teychenné fait son entrée au conseil municipal de Pamiers.  Face à son "ami" André Trigano, il fera bien sûr figure d'opposant.  "Il a réalisé beaucoup de bonnes choses pour la Ville, mais il aurait dû s'arrêter en 2014,  C'était le mandat de trop", estime celui qui a préféré quitter le PS il y a une dizaine d'années.  Trop de "désaccords" avec l'appareil local. L'alliance Fauré-Teychenné n'aura jamais lieu. "Et sur le plan national, on voit où la politique libérale de Valls et Hollande nous a menés!  On y est dans le mur!"

Capable de s'exprimer sur le moindre dossier "polémique" en cours à la Mairie de Pamiers, on en vient à se demander si tout cela ne lui manque pas un peu quand même?  Il laisse le soin à Antoine de répondre " Non, pas dans la conjoncture actuelle..."

 


La Dépêche du Midi - Géraldine Jammet
 

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 09:48

Communiqué
RÉPONSE À LOUIS CLAEYS


Suite à l'article de Louis Claeys de dimanche dernier, "Pamiers dans le rétro : deux gauches irréconciliables en 2014", je souhaite corriger quelques erreurs "historiques" factuelles.

1. Toutes les composantes de la gauche ne se sont pas rangées derrière le Maire des Pujols comme l'écrit Louis Claeys : EELV, le PC, le Parti de gauche futur LFI et des socialistes appaméens soutenaient officiellement la liste Teychenné / Pamiers au Coeur-Le Renouveau.

2. Ramener ces deux listes de gauche à un problème de personnes est pour le moins léger. D'abord, le parachutage du député-maire des Pujols à Pamiers avait choqué beaucoup de monde à Pamiers. Tout comme ses positions très sociales-libérales, puis son soutien au projet de Communauté d'agglomérations d'Ax-Les-Thermes à Saverdun, qui n'était pas un "projet qui ne venait pas de nulle part" comme l'écrit M. Claeys, mais qui était porté à l'époque par le PS 09 et le Conseil Départemental dans le cadre de la loi NOTRe. Ce projet technocratique, hors de toute logique de territoires et de bassins de vie, et d'ailleurs abandonné depuis même entre Foix et la Haute-Ariège, n'était pas acceptable car il aurait dissout Pamiers et la Basse-Ariège dans une mégastructure regroupant plus de 150 communes. C'est donc sur une base politique, plus à gauche, plus écologiste, pour une Communauté de communes à taille humaine qu'a été créée notre liste et notre programme, et non sur un soi-disant problème de personnes.

3. Enfin, il est surprenant que Monsieur Claeys, très bon historien, oublie de rappeler que le soir du premier tour, j'avais proposé à M. Fauré la fusion de nos listes et de nos programmes pour le second tour, en offrant à M. Fauré notre soutien pour être maire et président de la Communauté de Communes. Cela dès l'annonce des résultats, et publiquement. La réponse n'avait pas tardé, M. Fauré annonçant son refus de toute discussion avec notre liste et le maintien de sa liste au second tour. André Trigano était donc sûr d'être élu ! Tout cela a été décrit par les journalistes à l'époque... Pour fusionner deux listes, il n'est pas nécessaire d'avoir envie de passer ses vacances ensemble, mais simplement de tenir compte du résultat du vote citoyen et de le respecter – notamment le refus massif par les Appaméens de la Communauté d'Ax à Saverdun. Mais il est vrai aussi que la liste "Pamiers ensemble" de M. Fauré n'avait pas imaginé que notre liste passerait la barre des 10 % et la talonnerait de quatre petits points. La déconvenue a été rude pour eux.

De là à saborder les chances de toute la gauche, alors qu'ensemble nous étions majoritaires, comme le note Louis Claeys, il y avait un pas que n'aurait pas dû être franchi par "Pamiers ensemble". Cela aurait pu éviter six ans de plus de Triganisme... mais on ne refait pas l'histoire.

Pour terminer, parler de "gauches irréconciliables", c'est reprendre le concept fumeux inventé par le gyrovague Manuel Valls. Ce concept creux est démenti par toute l'histoire de la Gauche, qui a toujours gagné quand elle a su se rassembler sur un projet commun. De Jean Jaurès au Front populaire, en 1981, en 1997, en 2012. Il n'y a jamais eu des gauches irréconciliables, l'Histoire le démontre, et avec des clivages autrement plus profonds à l'époque qu'aujourd'hui.

Michel Teychenné
Ancien député européen, tête de liste Pamiers au coeur / Le Renouveau, en 2014

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 09:24

 

 

Suite à l’article "Pamiers dans le rétro : deux gauches irréconciliables en 2014", publié dimanche dans le cadre d’une chronique qui ne se veut absolument pas polémiste, Michel Teychenné a tenu à préciser quelques éléments.

En effet, pour l’ancien opposant municipal, qui fut aussi député européen, il est important de rappeler que sa liste baptisée "Pamiers au Cœur-Le Renouveau" avait reçu le soutien d’EELV, du Parti communiste, du Parti de gauche (futur LFI) et de quelques socialistes appaméens en 2014. Et cette même liste avait vu le jour pour lutter contre l’idée d’une intercommunalité allant d’Ax-les-Termes à Saverdun qui "aurait dissous Pamiers et la basse Ariège dans une mégastructure regroupant plus de 150 communes". "C’est donc sur une base politique, plus à gauche, plus écologiste, pour une communauté de communes à taille humaine, qu’ont été créés notre liste et notre programme, et non sur un prétendu problème de personnes", indique Michel Teychenné qui insiste sur le fait qu’il avait proposé une "fusion" à Alain Fauré en perspective du second tour. Et comme nous l’avons écrit, ces deux hommes de gauche n’étaient manifestement pas parvenus à s’entendre.

La Dépêche du Midi

 

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 11:38

NAPOLÉON ET SA LÉGENDE DORÉE

Napoléon et sa légende dorée : et si on mettait les pieds dans le plat...

Et si on mettait les pieds dans le plat...

Napoléon était un génie militaire, mais aussi, on l'oublie trop souvent, un génie de la communication du bulletin de la Grande Armée, qu'il écrivait souvent lui-même, à Sainte-Hélène où il a joué au martyr et voulu réécrire l'histoire napoléonienne avec Las Cazes. Dans sa redingote grise avec son bicorne porté à l'envers, il a toujours veillé à construire sa propre légende. Quant à son bilan, en 1815, il a laissé la France plus petite, saignée à blanc dans sa population mâle, totalement ruinée, isolée sur le plan européen, avec le rétablissement de la monarchie en héritage. Avec un tel bilan, on a un droit d'inventaire. 

Despote, Napoléon a supprimé la presse, passée de 80 journaux à 4. Il a assassiné la République, remplacée par le Consulat puis l'Empire, créé une nouvelle aristocratie, puisé dans les caisses de l'Etat pour arroser les tenants du régime, pillé l'Europe et ses oeuvres d'art, donné des constitutions aux peuples conquis sans jamais les appliquer, et peuplé les trônes d'Europe de ses frères et soeurs tous plus incompétents les uns que les autres. Reste la gloire militaire, elle est réelle, mais Napoléon n'a jamais recherché la paix. Il a cherché à créer un empire, ce qui a multiplié les coalitions contre la France et créé l'épopée de l'Aigle et tout son romantisme, pour masquer une triste réalité : sa volonté à vouloir dominer l'Europe par la force. En réalité, un million de morts jonchent le parcours de Napoléon. 

La légende napoléonienne, c'est aussi le Code civil dit Code Napoléon. En fait, le Code civil était déjà presque entièrement rédigé à l'arrivée de Bonaparte au pouvoir, mais les turbulences révolutionnaires n'avaient pas permis de valider le texte rédigé par Cambacérès. Les préfets, nouveau nom tout droit sorti de l'Empire romain, en réalité des commissaires de la République créés cinq ans avant sa prise de pouvoir. La Banque de France, vaste rigolade : celle de Napoléon était privée et aux mains des financiers du régime. La reprise en main de l'Université et la soi-disant création des lycées, encore une référence à l'Antiquité, anciennement appelés Écoles centrales, puis après 1815, Écoles royales. Les « lycées » existaient déjà, mais ils illustrent la mainmise de l'Etat napoléonien sur l'éducation de la bourgeoisie et sa militarisation, uniformes compris. Napoléon à réorganisé la France en en faisant une immense caserne.

Reste le Concordat, qui achève l'alliance du "sabre et du goupillon" et redonne à l'Église catholique une place centrale de contrôle des moeurs et des populations. Et pour finir, la société sous Napoléon est contrôlée par une multitude de polices, mouches et mouchards comme jamais la France n'en avait connu. Napoléon est un peu comme sa communication, deux célèbres tableaux en sont l'illustration. Napoléon au pont d'Arcole, en tête des troupes drapeau au vent... mais cinq minutes après, le général tombe du pont dans les marais et manque de se noyer. Le pont sera pris par d'autres le lendemain. Comme la traversée des Alpes sur son cheval blanc... En réalité Napoléon a franchi les cols sur un mauvais mulet tenu à la main par un guide local ! De l'histoire à la légende...

Napoléon, c'est avant tout l'inventeur du « story telling» en politique. Une légende militaire incontestable, mais aussi un despote mégalomane, et l'échec d'une politique qui a coûté 50 ans de retard à la France dans son développement économique en pleine révolution industrielle. Son triste bilan est incontestable, mais la légende perdure, avec son romantisme ... et ses amnésies. Tout le monde se souvient du tableau d'Antoine-Jean Gros « Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa », mais sait-on que quelques jours avant Bonaparte, il avait fait exécuter 3000 prisonniers mamelouks à la baïonnette pour économiser la poudre, afin de terroriser les populations locales. Entre la mise en scène de ses bons sentiments et la réalité du moment, il y a un gouffre, d'autant que rien de cette scène avec les pestiférés n'est vraiment documenté historiquement. Propagande quand tu nous tiens !

Je terminerai par un mot sur les débats actuels : faut-il commémorer Napoléon Bonaparte? Oui bien sûr, commémorer c'est se souvenir ensemble, une occasion de regarder ensemble notre histoire sans anachronisme, mais aussi sans le folklore du roman national. Une occasion de faire le point sur les dernières recherches historiques et de donner le goût de l'histoire aux jeunes générations. Se souvenir ensemble des gloires militaires, mais aussi des désastres occasionnés par ce régime. Commémorer n'est pas célébrer, car célébrer empêche l'analyse critique et fait tomber obligatoirement du côté de la légende dorée et non de l'Histoire.

Deux débats animent aujourd'hui le landernau médiatique : le rétablissement de l'esclavage, et l'attitude de Napoléon envers les femmes reléguées au rôle de mineures dans le Code civil. Sur ce dernier point, il ne faut pas faire d'anachronisme : Napoléon est le fruit de son époque, il est aussi pour le moins marqué par ses origines méditerranéennes. Les Révolutionnaires étaient tout aussi machistes et la Révolution, faite aussi grâce aux femmes, ne leur accordera aucun nouveau droit significatif. Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, compare le statut des esclaves et la condition des femmes pour lesquelles elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Son engagement et ses écrits pour les deux causes en feront une victime de l'échafaud le 3 novembre 1793. En cela, Napoléon était malheureusement de son temps, comme la Convention et comme le Code civil.

Transition facile pour mon dernier point : le rétablissement de l'esclavage par Napoléon en 1802. Depuis 1794 en Guadeloupe, à Saint-Domingue (Haïti) et dans toutes les colonies françaises, les esclaves devenus citoyens avaient goûté à la liberté, ils avaient participé au mouvement révolutionnaire, s'étaient engagés dans les troupes de la Révolution. Certains devinrent même généraux de la République, comme Toussaint Louverture ou Pétion. Jean-Baptiste Belley sera élu député à la Convention avec son collègue Mills, mulâtre comme on disait à l'époque. Ils furent les premiers députés noirs de l'histoire de France !

Le rétablissement de l'esclavage en 1802 est bien sur une faute morale grave, qui démontre une fois de plus le peu d'intérêt du tyran pour les avancées de la Révolution. 

Napoléon n'était pas un fils des Lumières mais un admirateur de l'Empire romain. Ce rétablissement n'est pas passé inaperçu. L'abbé Grégoire et l'Académie des Sciences Morales s'y sont fortement opposés. La réponse de Napoléon fut de fermer purement et simplement l'Académie. Le rétablissement est aussi une faute géopolitique qui se terminera par la première défaite militaire des troupes de Napoléon, battues à Saint-Domingue par la révolte des esclaves, ce qui obligera Napoléon à brader la Louisiane aux USA (soit la totalité de la vallée du Mississippi à l'époque) que la perte de Saint-Domingue ne permettait plus de défendre. Il valait mieux la vendre que de la perdre à cause des Espagnols, des Anglais...ou des Américains! 

En conclusion, n'oublions jamais que, le 5 octobre 1785 avant de mater dans le sang l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire, Napoléon se donna un quart d'heure pour savoir s'il appliquerait les ordres du gouvernement ou s'il rejoindrait l'insurrection. Au bout d'un quart d'heure de réflexion, il considéra que pour sa carrière et son avenir, et seulement pour cela, il devait mater la révolte. Bonaparte l'a écrit lui-même à son frère quelques jours après. 300 morts jonchèrent le pavé parisien, l'avenir de la République n'avait pas compté un instant dans son choix. Il est devenu le Général Vendémiaire, nouvelle coqueluche du Tout-Paris. L'Aigle avait pris son envol pour la plus grande gloire et le plus grand malheur de la France.

Michel Teychenné

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 12:59

L'INTÉGRALITÉ DE MA RÉACTION


Dans le rapport de la Chambre régionale des comptes, je retrouve tous les constats et toutes les préconisations que je formulais en vain depuis des années dans l'intérêt de la Ville et des Appaméens :

- Un pacte fiscal et financier avec la Communauté de communes pour compenser les un million trois cent mille euros annuels payé par les Appaméens à la place de la Communauté. Pacte jamais mis en place, bien qu'obligatoire depuis la loi Nôtre. Une perte sèche pour Pamiers.

- Une fiscalité municipale trop élevée pour compenser les carences de la Communauté de communes. Fiscalité supérieure de 30 pour cent aux autres communes de la Communauté alors que le potentiel fiscal des Appaméens est un des plus bas du département, ce qui pénalise lourdement l'attractivité de Pamiers, et bien sûr les Appaméens.

- Plus de 60 salariés en trop par rapport aux villes équivalentes de même population, payés sur le budget de Pamiers mais qui devraient l'être par la Communauté de communes, puisqu’étant affectés à des missions d'intérêt communautaire (agents de la Médiathèque, Conservatoire, piscine, équipements sportifs ou culturel etc.).

- Un endettement trop élevé en 2018 pour faire face aux sept millions d'euros de nouveaux emprunts de 2019 et 2020, et surtout aux 15 millions d'emprunts du Contrat de Ville qui vont déséquilibrer les comptes de la Ville pour longtemps sans un pacte financier avec la Communauté de Communes.

- Une gestion clientéliste et peu professionnelle du personnel, couplée à une gestion « baroque » des finances par des agents non formés ou recrutés par copinage sans respect des procédures, ce que j'ai régulièrement dénoncé , tous ces points sont largement mis en avant par la Chambre régionale des Comptes dans son rapport comme un des plus graves problèmes de la gestion Trigano.

- Enfin, on peut s'interroger sur la gestion de la « taxe touristique de séjour » prélevée chez certains et pas chez d'autres "à la tête du client", alors que l'Office du Tourisme de Pamiers, dont le président était alors aussi conseiller municipal, disposait des listings à jour des établissements soumis à cette taxe. On peut s'interroger sur ces cadeaux fait par copinage ou par incurie ?

Si ce rapport est sévère pour la gestion des finances et des personnels par l'équipe Trigano , la situation financière de Pamiers pourra facilement s'améliorer si la Communauté de communes joue enfin son rôle de mutualisation des charges communes et participe au financement des équipements communautaires qui sont aujourd'hui financés par les seuls Appaméens... Cela aussi, je le répète depuis des années !

La balle est aujourd'hui dans le camp du président de la Communauté de communes, Alain Rochet, élu face à André Trigano grâce au retrait de Daniel Mémain. M. Rochet n'a malheureusement pas de majorité à la Communauté de communes, il est l'otage des « triganistes », qui restent majoritaires et n'ont pas l'intention que les choses changent "pour continuer à traire la vache Appaméenne".

C'est d'ailleurs pour cela que les « triganistes » ont soutenu la candidature d'André Trigano à la présidence de la Communauté, en dépit de toute logique et sans un respect ne serait-ce que minimal de la démocratie. En voulant imposer un Trigano battu dans sa commune comme président de la Communauté, ils ont fait montre d'un mépris total vis-à-vis du choix démocratique des Appaméens. Les messieurs Calléja, Marette et autres maires qui ont soutenu André Trigano ont essayé d'effacer le vote municipal des Appaméennes et Appaméens en faisant élire par la fenêtre un André Trigano que les électeurs avaient sorti par la porte...

C
'est dans ce climat qu'il faudra juger de l'application des recommandations de la Chambre régionale des comptes. Six ans ont déjà été perdus , aujourd'hui la feuille de route est claire, le temps des promesses est terminé, on jugera les résultats sur pièce... À suivre !

Michel Teychenné


+

 

 

S’il y en a un qui peut se satisfaire du rapport de la cour régionale des comptes, c’est bien Michel Teychenné. L’instance corrobore ce que l’opposant à André Trigano dénonçait depuis des années. Notamment sur la communauté de communes, où la cour a clairement mis en évidence que les Appaméens payaient l’addition pour le reste du territoire, faute de pacte fiscal et financier (pourtant obligatoire), d’une fiscalité adaptée et de l’absence de transfert de compétences majeures. Rappelons qu’au contraire, lors de son démarrage, la nouvelle communauté de communes a redonné des compétences aux communes. Ce qui est quand même assez rare !

L’opposant s’est donc félicité hier de retrouver toutes les préconisations qu’il formulait depuis des années pour la ville. "La situation financière de Pamiers pourra facilement s’améliorer si la communauté de communes joue enfin son rôle de mutualisation des charges communes et participe au financement des équipements communautaires qui sont aujourd’hui financés par les seuls Appaméens", estime-t-il.

Pour lui, la balle est désormais dans le camp d’Alain Rochet, élu président de l’interco "grâce au retrait de Daniel Mémain". Mais pour Michel Teychenné, "le président est l’otage des triganistes qui restent majoritaires et n’ont pas l’intention que les choses changent pour continuer à traire la vache appaméenne". C’est d’ailleurs pour ça, selon lui, qu’ils ont soutenu la candidature d’André Trigano, essayant "ainsi d‘effacer le vote des Appaméens en faisant élire par la fenêtre un André Trigano que les électeurs avaient sorti par la porte".

Enfin, l’ancien opposant d’André Trigano note "la gestion clientéliste et peu professionnelle du personnel, couplée à une gestion baroque des finances". Et de terminer en s’interrogeant sur la taxe de séjour prélevée chez certains établissements et pas chez d’autres. "Copinage ou incurie ?", demande-t-il.

A. Rochet : "Aucun commentaire"

Autant dire qu’Alain Rochet a été surpris de découvrir hier matin, dans nos colonnes, quelques éléments du rapport de la chambre régionale des comptes. Tenu à la confidentialité jusqu’à vendredi soir à l’occasion de la réunion du conseil municipal, l’adjoint aux finances, a expliqué hier, qu’il "ne ferait aucun commentaire". Alain Rochet a également ajouté que ce rapport devait cependant être mis en perspective", car la période de contrôle s’arrête à l’année 2018.

 

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 10:57

Communiqué de presse

Réponse à l'article « Arrêt sur image »
paru dans La Dépêche du 12 septembre 2020


Gouverner c'est prévoir, dit un adage tout à fait sensé. Quand la Municipalité fait un investissement aussi important que l'aménagement de Milliane et de son parking, c'est pour longtemps. Il doit donc reposer sur une vision d'avenir.

Le parking de Milliane doit répondre aux besoins d'aujourd'hui, mais aussi à ceux de demain.  Il doit pouvoir accueillir les véhicules des futurs habitants du centre-ville liés aux rénovations prévues par le Contrat de ville, et procurer un parking de proximité aux clients des commerces du centre dans le cadre de la revitalisation commerciale. Il doit aussi pouvoir, un jour prochain, devenir un parking d'accueil contribuant à la piétonnisation d'une partie du coeur de ville et à l'accès au transport public, qui permettront de diminuer la présence des voitures en ville. Et bien sûr, il doit pouvoir accueillir le flux des voitures lors des grandes manifestations publiques qui attirent un public venu de bien au-delà de Pamiers.

Juger que le remplissage du parking de Millane est aujourd'hui satisfaisant et suffisant, c'est comme ne regarder que le doigt de celui qui vous montre les Trois Clochers... C'est être un peu myope.

Michel Teychenné

 

 

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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 16:25

Pamiers

Mme Thiennot nomme ses adjoints
mais ne nous dit pas tout !


La campagne électorale s'achève. Le dernier débat entre les candidats me laisse sur ma faim, avec une Mme Thiennot qui se revendique « divers centre » après avoir fait campagne au premier tour comme « apolitique et citoyenne » avant de fusionner avec la liste des ex-adjoints soutenue par la fédération de l'Ariège des Républicains. Cette dame ressemble à une toupie à force de changer d'étiquette. Comme disait Mitterrand, « le centre c'est toujours ni de gauche, ni de gauche ». Plus grave, Mme Thiennot, se présente à cette élection avec son époux, M. Bordier, en bonne place sur la liste. Pourtant, elle a dissimulé cette information tout le long de la campagne, comme si un couple à la tête de la Mairie de Pamiers pouvait poser un problème. Et cela poserait un problème en effet : outre le manque de transparence de la part des Thiennot-Bordier, la place de M. Bordier serait-elle celle de vice-maire ? De conseiller de l'ombre ? De surveillant des adjoints ? 

Une clarification sur cette candidature familiale de la part de Mme et M. Thiennot-Bordier mérite d'être portée à la connaissance des électeurs, car « quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ». Pamiers n'est pas Levallois, mais les couples en politique laissent rarement de bons souvenirs. Voilà pourquoi ce débat m'a laissé un goût d'inachevé : un manque de transparence et d'information des électeurs sur un sujet central. 

Fidèle à mon engagement d'information des Appaméennes et Appaméens, je vous demande, Madame Thiennot, de répondre clairement!

Michel Teychenné

 

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 13:55

Lettre ouverte de Michel Teychenné
au maire de Pamiers



Mon cher André, 

Comme d'habitude avant les élections, vous annoncez des dizaines de nouveaux emplois sur Gabrielat. Vous faites le coup avant chaque élection. Comme conseiller municipal sortant, je vais vous aider à revenir sur l'histoire récente de vos promesses sans lendemain... 

Ce fut d'abord la grande plateforme logistique de ferroutage, projet qui a coûté 2,5 millions d'euros pour faire un embranchement ferroviaire qui rouille depuis à Gabrielat sans que jamais aucun train n'ait circulé dessus. Un vrai désastre financier que l'on paye encore. Ce fut ensuite votre annonce de l'arrivée des studios de cinéma géants pour faire de Pamiers un Hollywood sur Ariège. Ce projet s'est avéré être un canular, mais que vous avez soutenu « mordicus » pendant plus de six mois, contre toute évidence.

Puis, vous avez annoncé l'arrivée à Pamiers d'une usine de catering pour l'aviation... sur la base d'une lettre qui s'est avérée bidon au bout de quelques mois. Enfin, ce fut ces derniers mois le cinéma multiplex de six salles et 800 sièges à la Bourriette. Ce dossier, comme les précédents, fut un désastre : la fameuse société que vous souteniez n'a jamais exploité aucun cinéma ni encore moins construit de cinémas. Encore un échec pour vous, mais aussi pour Pamiers, ce qui est plus gênant !


Face à toutes ces annonces tonitruantes qui mobilisent la presse, créent des espoirs déçus et finissent en « eau de boudin », je constate mon cher André qu'avoir un peu de mémoire aide à mieux comprendre que votre carnet d'adresses est bien périmé. Malheureusement, face à tous ces échecs, vous n'avez aucune réussite à mettre à votre crédit pendant ce dernier mandat, qui est en fait le mandat de trop. La réalité c'est l'INSEE qui la donne : 20 % de chômage et 21% de taux de pauvreté à Pamiers, avec 64 % de locataires : une ville pauvre classée 117e ville de France, cela avant la crise sanitaire... Voilà bien votre bilan.

Il y a six ans, avant le deuxième tour des municipales, vous aviez fait poser par la Mairie une grande banderole au rond-point de Gabrielat pour annoncer la création du Musée de la métallurgie... Promesse oubliée dès l'élection passée. Cette fois-ci, qu'allez-vous donc inventer encore? Cette fois-ci, plus personne n'est dupe de vos promesses sans lendemain. 

Seul un changement radical d'équipe à la Mairie peut donner un nouveau souffle à Pamiers. C'est pour cela que je soutiens Daniel Mémain, le seul à proposer un projet novateur et dynamique pour Pamiers... Et non pas Mme Thiennot, qui recycle vos anciens adjoints et tous ceux qui n'ont pu trouver une place sur vos listes depuis 25 ans!

Post-scriptum : Et par pitié, ne nous parlez plus de votre Marianne d'or, qui est en fait une Marianne en chocolat distribuée aux amis politiques par une obscure association d'anciens responsables de la droite sénatoriale. Une vaste plaisanterie, un piège à gogo dont vous nous rebattez les oreilles.

Bien à vous avec tout mon franc-parler,


Michel Teychenné
Ancien député européen 
Conseiller municipal et communautaire

 

 

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 13:31

Municipales à Pamiers

ACCORD THIENNOT-FAURÉ :
LES MASQUES TOMBENT !

Ceux qui avaient cru à une liste Thiennot apolitique et citoyenne n'imaginaient pas que la candidate se précipiterait dès le soir du premier tour pour proposer une alliance avec la liste Fauré soutenue officiellement par les Républicains en Ariège !

Mme Thiennot, votre masque est tombé en moins de temps que la Mairie a mis pour distribuer des masques aux Appaméen-ne-s. De l'apolitisme citoyen, vous êtes passée aujourd'hui à la tête d'une liste de la droite dure qui, en fusionnant, a éliminé les plus modérés et les plus pondérés des deux listes au profit des candidats les plus à droite, et malheureusement aussi des sympathisants de l'extrême droite. Cette porosité assumée avec l'extrême droite est très inquiétante pour l'avenir de Pamiers, pour la diversité de notre ville, pour une certaine idée du vivre ensemble. Elle n'est pas à votre honneur et n'annonce pas des jours sereins.

Jamais sous le mandat d'André Trigano la droite n'avait rompu la digue face à l'extrême droite ou aux zélateurs de Zemmour et compagnie comme vous venez de le faire. J'ai beaucoup critiqué le maire ces dernières années, mais jamais il n'a accepté de servir de marchepied à l'extrême droite à Pamiers. Vous, sur votre liste, vous leur ouvrez grand les portes, et en très bonnes positions en plus.

Mme Thiennot, rien ne vous obligeait à faire ce choix. Entre vos soutiens d'extrême droite ou de droite extrême et une ouverture possible vers la liste Pamiers citoyenne ou les Appaméens, vous pouviez choisir. Bien sûr, il aurait fallu rompre avec certain-e-s candidat-e-s de votre liste dont les positions extrémistes et sectaires ne pouvaient pas permettre une liste commune, mais ce choix aurait été fondateur pour l'avenir. Votre accord avec la liste Fauré, c'est en fait la facilité, c'est « chassez le naturel, il revient au galop », c'est l'alliance de toutes les droites, des affairistes et des opportunistes multicartes. Et c'est surtout, Madame, le cheval de Troie de l'extrême droite à Pamiers. C'est triste, c'est votre responsabilité. Votre affichage d'apolitisme et de liste citoyenne n'était qu'un camouflage de campagne électorale... qui n'aura pas duré plus que le premier tour ! 

Quant aux pauvres socialistes qui avaient déjà mangé leur chapeau pour être sur la liste Fauré soutenue par les Républicains, ils sont aujourd'hui comme l'alouette dans la célèbre recette du pâté d'alouettes. Un cheval de droite dure, d'affairistes et d'extrême droite pour une alouette socialiste, un naufrage éthique et politique, et une humiliation personnelle pour Jean-Christophe Cid qui passe de la troisième place chez Fauré à la quatorzième chez Thiennot !

Cet accord politicien bleu-brun est des plus dangereux pour l'avenir de Pamiers et de la Communauté des communes, pour notre vivre ensemble. Il brise un tabou républicain et éthique : « refuser tout accord avec l'extrême droite, ses défenseurs ou ses sympathisants ». En regardant votre nouvelle liste, il n'est pas difficile pour les Appaméen-ne-s de constater combien ces extrémistes et ces excités sont nombreux et nombreuses sur votre liste pour ce second tour ... Bien sûr, la totalité des candidat-e-s de cette liste ne sont pas des fachos, ni même de droite, mais ils sont minoritaires et en fait isolés. Lors de votre conférence de presse de « mariage », à aucun moment vous n'avez fait référence à un éventuel programme. Seule la distribution des places vous intérresse, sans parler de la Communauté de Communes où les amis de Xavier Fauré soutiennent le maire de Saverdun contre votre candidat Alain Rochet. Joli bordel en perspective!

Les résultats du premier tour ayant été grandement faussés par l'abstention et la peur du coronavirus, c'est un second tour où toutes les cartes sont rebattues qui se tiendra le 28 juin. Le choix sera simple : soit l'immobilisme et la routine avec la liste Trigano, soit le changement, l'action et la solidarité avec la liste de rassemblement de Daniel Mémain.
Dans tous les cas, Madame, il faut battre votre liste avec vos ami-e-s d'extrême droite et de la droite extrême pour les empêcher de tenir le haut du pavé à la Mairie de Pamiers et d'instiller leurs idées nauséabondes au Conseil municipal. La mobilisation des électeurs sera un facteur prépondérant pour vous envoyer dans l'opposition. Nous allons travailler à cela.


 

Michel Teychenné
Ancien député européen
Conseiller municipal

 

 

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