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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 16:42

Pamiers

TEYCHENNÉ « MET LES PIEDS DANS LE PLAT »
DES MUNICIPALES

 

Billet d'humeur d'un citoyen libre qui met les pieds dans le plat des municipales et qui n'est pas trop mal informé


Depuis la présidentielle de 2017 et la victoire d'Emmanuel Macon et de son parti La République en Marche, il paraîtrait que la gauche et la droite n'existent plus. Pourtant deux ans et demi après l'élection de Macron, tous les commentateurs politiques reconnaissent que la politique actuelle est bien une politique de droite libérale, favorable aux plus riches, qui détricote méthodiquement les services publics et les acquis sociaux, pousse la France vers un système à l'anglo-saxonne. Macron fait ce que la droite française avait rêvé de faire sans oser passer aux actes. 

Évidemment, François Hollande, Manuel Valls et le PS n'ont pas brillé par leur politique sociale-libérale, bien loin du fameux « Mon ennemi c'est la finance » de Hollande, devenu célèbre tellement la suite fût décevante. Le quinquennat Hollande a discrédité cette gauche-là pour longtemps. Il n'en reste pas moins que le « tout marché », la « financiarisation» de l'économie et la « mondialisation folle » ne régleront pas les grands problèmes du monde, ne permettront pas d'assurer la survie de la planète, de parvenir à une meilleure répartition des richesses et du travail, et tout simplement à remettre l'humain au centre de la politique. 

Cette dépolitisation du discours public n'est que le faux nez de la pensée unique du libéralisme ambiant, selon lequel il n'y a qu'un seul chemin, qu'un seul avenir pour la France : celui de la libre-concurrence et de la mondialisation. « Circulez braves gens, y a plus rien à voir », nous disent-ils.

Pour ces municipales, c'est la même chose. Les listes « apolitiques » fleurissent, et les partis politiques préfèrent « se planquer vu leur popularité »... ce qui n'est pas un scoop. Mais vouloir faire croire que les choix municipaux seraient politiquement neutres et dictés par « le bon sens » est une fumisterie. Les choix municipaux impactent directement la vie des habitants et accompagnent les politiques nationales ou y résistent. Ils sont socialement justes ou injustes, réellement écologistes ou simplement repeints en vert, etc. Savoir ce que fera la ou le futur maire avec son équipe d'adjoints, quelle politique nationale ils soutiendront, s'ils accompagneront par leur politique municipale la politique du gouvernement actuel, c'est important pour les électeurs. C'est important pour la démocratie. C'est le premier exercice de transparence promise dans tous les programmes.

Comme simple citoyen, je m'interroge sur ces candidats « tête de liste » qui se disent sans couleurs politiques, comme s'ils étaient des nouveau-nés tétant encore le sein maternel. Comme s'ils n'avaient jamais voté, soutenu tel ou tel candidat à la présidentielle ou aux législatives, sabré le champagne ou fait la gueule un soir de présidentielle. Comme s'il fallait cacher leurs opinions, leurs choix politiques à leurs concitoyens « pour mieux accéder au pouvoir en tapinois, masqués et hypocrites », comme l'a écrit je ne sais plus quel poète.

Faisons un petit tour d'horizon des candidats en présence à Pamiers

Pour le maire rien de nouveau, il a l'étiquette LaREM, il ne l'a pas demandée dit-il, mais il ne l'a pas refusée non plus. Il est l'exemple de la droite Macron-compatible. André Trigano, giscardien apparenté UDF à l'Assemblée Nationale il y a 30 ans, achève aujourd'hui son parcours politique comme macroniste. Il y a chez lui une forme de continuité au centre droit, bien qu'il soit avant tout « triganiste », c'est-à-dire de la couleur qui l'arrange le mieux, comme un caméléon. À 94 ans, son acharnement à rester dans son fauteuil de maire est pathétique. En 25 ans, il a fait des choses bien et d'autres beaucoup moins bien pour Pamiers. Son bilan restera entaché par cette incapacité à savoir s'arrêter. Après ce dernier mandat qui fût vraiment le mandat de trop – je l'ai vécu de près comme conseiller municipal –, un nouveau mandat serait catastrophique pour la Pamiers.

Ah ces politiciens, vous dis-je, ils s'accrochent à leur fauteuil comme des moules à leur rocher !

Quant aux adjoints « félons » d'André Trigano, Fauré, Doussat et Pancaldi, ils viennent de la vraie droite appaméenne et ce n'est pas l'arrivée de Jean-Christophe Cid, socialiste orphelin de Manuel Valls et de Hollande, qui changera quelque chose à l'orientation de cette liste très à droite dans sa grande majorité. Le plus comique, c'est qu'ils ont le soutien de la Fédération des Républicains de l'Ariège, qui visiblement n'a pas compris que Xavier Fauré, Maryline Doussat et Françoise Pancaldi auraient préféré que leurs amis politiques Républicains soient un peu plus discrets. Ils ont tout et tous voté avec André Trigano... et aujourd'hui ils découvrent que cette politique n'était pas la bonne!... Mais bien sûr, si le maire leur avait laissé sa place et les avait intronisés comme successeurs, ce qu'ils espéraient, ils lui tresseraient aujourd'hui des couronnes et revendiqueraient son bilan. Bilan qu'ils ont défendu pendant six ans au conseil municipal quand même...avec une mention spéciale pour Mme Pancaldi qui elle n'a mis que 18 ans passés au côté André Trigano pour se rendre compte qu'elle s'était trompée! 

Ah ces politiciens, vous dis-je, tous des girouettes et des comiques!

Et puis il y a eu cette annonce publique, qu'on aurait pu trouver des plus cocasses s'il elle n'allait pas à l'encontre des intérêts de Pamiers : le jour de présentation de la liste, Xavier Fauré et Maryline Doussat ont annoncé qu'ils ne seraient pas candidats à la présidence de la Communauté de communes, offrant ainsi la future présidence à Philippe Calléja, qui piaffe d'impatience depuis six ans déjà. Cette non-candidature de la liste Fauré affaiblira gravement Pamiers à la Communauté des Communes, mais a le mérite de la clarté : c'est un beau cadeau politique à leurs amis de droite à la Communauté, annoncé avant les élections. Dommage pour eux que la Fédération des Républicains n'ait pas « fermé sa bouche » et été plus discrète... 

Ah ces politiciens, vous dis-je, pas toujours très malins!

Chez Mme Thiénnot, beaucoup dans des premiers de liste viennent des soutiens de Macron en 2017, elle la première. Alors pourquoi essayer de le cacher aujourd'hui? Pourtant, cette équipe macroniste a refusé prudemment cet été le label LaREM à M. Azéma, « chef suprême » de LaREM en Ariège. À l'époque, le tout Pamiers politique s'en était amusé, avant qu'en désespoir de cause M. Azéma se retourne vers André Trigano qui lui n'a pas refusé, en vieux renard politique. 

Mme Thiénnot et  son équipe rapprochée seraient-elles devenues des opposants au président de la République, ou plus sûrement cherchent-ils eux aussi à passer entre les gouttes de l'impopularité du président Macron? Mme Thiénnot, Alain Rochet et leurs amis devront sortir de leur silence gêné et dire si, avec eux à la Mairie, Pamiers sera une commune macroniste. Ça intéresse beaucoup d'électeurs... 

Ah ces politiciens, vous dis-je, tous des cachottiers!

Le général Roquejoffre parraine cette liste. J’ai de l'amitié et du respect pour lui, il le sait. Figure du centre droit à Pamiers, c'est grâce à lui qu'André Trigano a gagné Pamiers il y a 25 ans. Il en était alors le premier adjoint. Personne ne l'a oublié à Pamiers. Je n'oublie pas non plus que c'est lui pendant son mandat qui a maintenu, par son influence au Ministère de la Défense, le régiment à Pamiers, et pas le maire qui se l'attribue sans vergogne depuis. Mais ça, c'est une autre histoire...

Enfin et c'est le grand mystère de cette élection, le cas Laffargue, qui lance sa campagne le jour de son anniversaire dans sa maison de naissance. Il appelle sa liste "Les Appaméens" – et pourquoi pas aussi « de souche » comme dirait l'autre? Curieux choix dans une ville où moins de la moitié de la population est née en Ariège.

Élu aux dernières départementales sur un ticket socialiste avec Marie-France Villaplana, Jacques Laffargue est aujourd'hui lâché par les socialistes qui font campagne contre lui sur une liste de droite ... Lui qui affirme à qui veut l'entendre « qu'il ne fait pas de politique », qui vient de la droite chiraquienne et siège dans la majorité socialiste au Conseil départemental... Comprenne qui pourra!

Un peu de clarté de la part de Jacques Laffrague ne ferait pas de mal, lui qui sera, s'il est élu, un « cumulard » à l'ancienne, à moins qu'il démissionne du Conseil départemental dès après l'élection. Les journées n'ont que 24 heures. Un nouveau maire ne peut être à la fois au four et au moulin, à la Mairie et au Conseil départemental. Là aussi on attend sa réponse.

Ah ces politiciens vous dis-je, tous des cumulards!

Seul Daniel Mémain est clair, il est de gauche, il est honnête avec les électeurs, il a rassemblé sur sa liste autour d'un bon programme des citoyen-nes de toutes les sensibilités de gauche, et dieu sait qu'il y en a ces temps-ci. Je le soutiens par amitié pour « l'honnête homme » qu'il est, comme l'on disait au temps de Montaigne et de Montesquieu, et parce qu'il incarne le vrai changement dont Pamiers a besoin. Daniel Mémain fera un très bon maire. Il n'est d'aucun parti politique, et son implication citoyenne dans la ville est bien connue. Il est membre depuis des années du Conseil Economique et Environnemental de la région Occitanie, qui conseille et oriente les politiques régionales. Sa connaissance des dossiers, des rouages administratifs et financiers ainsi que des décideurs économiques et politiques de la Région fait de lui le candidat le mieux formé et préparé aux fonctions de maire pour remplacer le maire actuel. 

Ah ces citoyens vous dis-je, quand ils le veulent, ils font plaisir à voir! 

Pour les autres, tous les autres, ceux qui briguent aussi le fauteuil de maire, il est temps de dire clairement et honnêtement aux électeurs de Pamiers quels sont leurs choix politiques nationaux. Il n'y a rien de honteux à ça, qu'ils se rassurent. C'est un minimum de transparence qu'ils doivent aux Appaméennes et aux Appaméens ... Transparence qu'ils promettent d'ailleurs à tous. Alors, qu'ils commencent à appliquer leur programme par une réponse publique claire et nette. Les électeurs l'attendent, car c'est toujours le maire qui donne la couleur politique de la Mairie et de la Ville.

Madame et Messieurs les candidats, un peu de courage, dites-nous ce que vous pensez vraiment...Mais avant les élections de préférence! 


Michel Teychenné 

 

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