Partager l'article ! Photovoltaïque : 36 000 panneaux au nord de Pamiers: PAMIERS PHOTOVOLTAÏQUE AU SOL - L'ELDORADO EN QUESTION ENQUÊTE ...
PAMIERS
PHOTOVOLTAÏQUE AU SOL - L'ELDORADO EN QUESTION
ENQUÊTE
Deux grands projets de centrales photovoltaïques au sol sont sur le point d'aboutir. Un
développement qui déchire les élus, les uns dénonçant la braderie des terres agricoles, les autres les gains d'une activité économique « propre ».On connaissait l'Ariège réputée pour ces nombreux barrages hydroélectriques synonymes de gisements « d'or blanc ». En ce début de
décennie, on assiste à un nouveau genre de ruée électrique, mais cette fois-ci dans le pays de Pamiers. Et la matière première convoitée n'est plus l'eau mais bien le soleil. Ainsi, deux grands
projets de centrales photovoltaïques au sol sont en train de voir le jour à Saint-Amadou sur une surface de 20 hectares et à Gabrielat, sur 16 hectares. La question de cette dernière a suscité de
nombreux remous lors du dernier conseil municipal, l'opposition dénonçant un grignotage des terres agricoles. À cela s'ajoute la création d'une nouvelle charte de la communauté de communes sur le
sujet, présentée en commission d'urbanisme. « Nous sommes mis devant le fait accompli », dénonce Michel Teychenné, le président du groupe de gauche au conseil. « On ouvre la porte aux
spéculateurs, prédateurs de subventions ». Car le pays de Pamiers semble attirer les entreprises productrices d'énergie renouvelable, comme le confirme Nicolas Bodereau, de la société Enetrag,
porteuse du projet à Gabrielat. « La région est réputée pour son ensoleillement et ce territoire présente des terrains adaptés ». Alors, faut-il craindre de voir disparaître les terres agricoles
sous de grands panneaux bleus ? « Ceux qui pensent cela sont des imbéciles ! », assène Lucien Quèbre, en charge de la question à la mairie. « C'est justement le but de la charte : savoir se poser
les bonnes questions pour garantir le maintien de l'activité agricole et la préservation du cadre de vie ».
La centrale de Saint-Amadou est actuellement en pleine construction.
Reste que ce document n'a aucun caractère réglementaire, la prospection des terrains privés restant le domaine des
entreprises souhaitant s'installer. Pour les agriculteurs, la tentation est alors grande de céder un terrain rapportant parfois deux fois plus une fois les panneaux installés. Les communes n'ont
alors qu'un seul levier d'action : la modification des plans d'urbanisme requalifiant les terres agricoles en terres industrielles.Et là aussi, la tentation est grande. « Ce sont des entreprises
comme les autres. À ce titre, elles nous permettront de récupérer les impôts qui remplaceront la taxe professionnelle ». Dans l'opposition, on dénonce cet effet d'aubaine et un possible
emballement. « Dans le cas où les entreprises cesseraient leurs activités, qui aurait la charge du démontage ? », questionne un Michel Teychenné qui ne veut pas tomber dans le panneau. « Des
cautions bancaires sont déposées pour pallier à cette éventualité », rétorque Lucien Quèbre, convaincu. On murmure qu'un autre projet serait en discussion sur La Tour-du-Crieu. De quoi raviver un
débat très loin d'être fini.
Cher Lucien,
Que nous ne soyons pas d'accord sur ta politique d'installation de panneaux solaires sur les terres agricoles ne te
permet pas de traiter ceux, nombreux, qui ne sont pas d'accord avec toi "d'imbéciles". On peut échanger des arguments sans insulter ceux qui ne sont pas d'accord avec vous. Cela s'appelle la
démocratie tout simplement, mon cher Lucien.
Les conseillers d'opposition ont l'habitude de tes sorties abruptes et péremptoires en conseil municipal contre tes
anciens amis politiques, et parfois même contre tes nouveaux amis politiques du moment, du genre "J'ai raison et c'est comme ça!"
Sur ce dossier du photovoltaïque au sol, les élus du Groupe de Gauche mais aussi les Verts pensent, et nous le
diront, que ce qui est imbécile, c'est de sacrifier de bonnes terres pour que des sociétés privées se gavent de subventions, payées par nos impôts et nos factures EDF. Ce qui est imbécile aussi,
c'est l'absence de garantie demandée à ces sociétés sur la présence de produits très toxiques dans certains types de panneaux, et sur le devenir de ces futures friches industrielles et sur leur
recyclage quand les subventions auront été vendangées. Imbécile, aussi, de faire une "Charte de Développement du photovoltaïque au sol", dont tu dis en réunion municipale,qu'elle ne sert à rien
et qu'en plus elle est facultative. Enfin, comment qualifier le fait que tu favorises l'installation de dizaines d'hectares de panneaux au sol autour de Pamiers alors que le pauvre habitant du
centre de Pamiers se voit refuser l'installation de petits panneaux sur sa toiture pour un chauffe-eau solaire... A Pamiers, il y a des dizaines d'hectares de toitures industrielles, commerciales
ou de bâtiments publics qui pourraient être équipées de panneaux solaires plutôt que de gâcher nos paysages avec 36 000 panneaux. Oui, vous avez bien lu, 36 000 panneaux hauts de deux mètres, à
l'entrée de Pamiers sur le bord de l'autoroute au niveau de Trémège. Sans parler des autres dossiers que tu soutiens dans les communes environnantes comme vice -président de la Communauté de
communes.
Voilà, mon cher Lucien, ce qui ne serait pas "imbécile" : discuter, et travailler pour l'avenir de Pamiers et pour
un développement durable bien pensé et réfléchi.
Aux dernières élections, tu as choisi, comme Kouchner ou Besson, de changer de camp pour un poste moins prestigieux
qu'un ministère : maire adjoint. Tu pourras nous répondre qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... A moins que, dans ce cas, ça ne soit l'inverse.
Michel Teychenné pour le Groupe de Gauche
Mairie de Pamiers