Michel Teychenné - Le blog
On s'attendait à une séance des grands jours, avec un haussement de ton, celui qui caractérise aujourd'hui les débats en conseil municipal de Pamiers. Il n'en a rien été ! Pourtant l'objet
essentiel du débat, les orientations budgétaires, était de nature à porter à l'ébullition. Certes, les visions sont irréconciliables entre majorité et opposition, mais si le ton est différent
depuis l'époque « Montané », le fond reste le même. Endettement, impôts trop élevés, risque de perte de ressources, inquiétude sur la pérennité de la TP. Ce sont les points qui ont été développés
par Michel Teychenné. Auparavant, Gérard Legrand, le grand argentier de la commune, s'était lancé dans une longue explication technique que l'on peut résumer ainsi : il va falloir être prudent
sur les deux prochains exercices, « en maîtrisant les charges de fonctionnement, sans faire appel au levier fiscal de façon à obtenir une totale stabilisation des taux pendant dix ans (depuis
2003) ». Avec plusieurs paramètres à intégrer : le fait que Pamiers a investi depuis des années le double des villes de sa strate, ce qui l'autorise aujourd'hui à lever un peu le pied, que la
manne d'Airforge ne va pas tarder à rapporter gros à la ville dès sa sortie d'exonération, qu'il faudra admettre une diminution de l'épargne nette entre 2008 et 2011 en attendant cette sortie
d'exonération et qu'il faudra bien se résoudre à assurer des transferts à la communauté de communes.
Là dessus, Michel Teychenné, bien entendu, a passé la vitesse supérieure, rappelant que la future réforme de la TP allait rendre délicat le travail de prospective, qu'il y avait toujours le souci
de ces emprunts dits « toxiques », que l'endettement de la commune allait continuer à s'accroître alors qu'il est déjà fort, que le niveau d'imposition des ménages ne pouvait être accru. « Il y a
aussi un problème avec les reports d'investissements d'une année sur l'autre, ce qui fait que vous n'exécutez à peine que 50 % du budget ! » Michel Teychenné, qui, apostrophant le maire,
s'étonnait qu'un « homme d'affaires aussi avisé que lui ait laissé à tel point « se détériorer les comptes de la commune », visant en cela « la volonté de faire payer à la seule mairie de Pamiers
des investissements qui auraient dû être portés à la communauté de communes ».
« Vous avez raison »
André Trigano, sans se départir un instant de son calme - aidé en cela par la courtoisie dont a fait usage Michel Teychenné - a assuré que cette situation « était effectivement un choix
politique, que sa volonté d'investir considérablement était destinée à faire que le pays ne soit pas paralysé et que c'est pour cette raison que Pamiers est la première ville de Midi-Pyrénées en
terme de création d'entreprises et d'emplois ». Toutefois, le maire de Pamiers a donné quitus aux observations de son opposition en rappelant qu'il avait récemment « demandé aux maires de la
communauté de revoir leurs taux d'imposition » et que s'il avait choisi de demander un effort supplémentaire aux Appaméens, c'était par esprit de solidarité avec les autres communes, sachant
qu'un jour « que peut-être je ne verrai pas, l'ensemble ne formera qu'un bloc ». « Mais il faut rééquilibrer, vous avez raison », a conclu André Trigano. C'est sur cette note très consensuelle
dans le désaccord que s'est terminée cette séance d'orientation budgétaire.
La Dépêche du Midi, 19 janvier 2009